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Entretien avec
Luc Pagès

 

 

© Magouric Distribution
Gad Elmaleh et Cécile de France

 

Comment avez-vous connu le livre de Philippe Jaenada ?
Le Chameau Sauvage fait partie de ces livres qu’on se repasse sous le manteau. Une seule personne l’achète, mais elle en fait profiter tous ses amis. Ca crée un phénomène de livre culte. J’écrivais un scénario depuis pas mal de temps, sans arriver à le terminer. Mon producteur, Laurent Benguigui, me fait lire ce livre, en pensant proposer à Philippe Jaenada de m’aider à finir mon scénario. Nos héros se ressemblaient un peu. Ils étaient du genre à se demander pourquoi les autres ont l'air d'être né avec le mode d'emploi de la vie, et pas eux. Ils s’en prenaient plein la gueule, dans un engrenage qui rappelle un peu ‘After Hours’. Et puis il y avait dans le roman une attitude de vie qui est un peu la mienne. Mais Philippe Jaenada ne se sentait pas de travailler pour le cinéma. Comme tout le monde pensait son livre inadaptable, par défi, j’ai eu envie d’essayer. Ca a tout de suite fonctionné et j’ai laissé tomber mon autre projet.

Qu’est-ce qui vous séduit dans l’écriture de Jaenada ?
Il réussit à me faire rire à voix haute dans le métro. Il peut répéter trois fois de suite la même chose en trois phrases différentes. Je reste stoïque sur la première, je souris sur la deuxième et j’explose de rire sur la troisième. J’aime cette façon de surenchérir qui va de pair avec son effervescence. Il prend quantité de chemins de traverse, met des parenthèses dans tous les coins et enrichit son récit d’une multitude d’histoires secondaires. J’avais très envie de trouver un équivalent cinématographique à ce style littéraire.

Pourquoi avoir changé le titre du livre ?
Le Chameau sauvage, c’est un beau titre de roman, mais lu comme ça dans Pariscope, on passe à la ligne suivante, ça fait film pour enfants ou documentaires animalier.
À + Pollux a un parfum de légèreté quotidienne, d’éphémère, le contraire de ce que le film raconte. Il participe au piège : faire croire que l’on est dans une comédie pour vous emmener dans une histoire plus chargée…

Le document animalier ?
Oui. Il n’y avait pas la place pour traiter les ramifications secondaires de l’histoire. Je les ai remplacées par ces irruptions de documentaires animaliers. Une façon de rester fidèle à cette ébullition narrative et au côté anecdotique du roman. Anecdotique en apparence, puisque le message du film tient en substance dans le documentaire du chameau sauvage. Celui qui lance le film par son interruption accidentelle, mais qui va aussi le clore, en apportant l’information résolutoire. Entre ces deux parenthèses animalières (les fameuses parenthèses de Jaenada), il y a l’aventure que vit Halvard et qui lui permet de décrypter, dans l’anecdote du chameau, une réponse à son trouble existentiel. J’aime ce passage du superficiel au plus profond.Et aussi le passage du comique au plus tragique….
Le pari était d’arriver à prendre les gens par la main, les faire foncer dans le film comme s’ils traversaient des pièces, les unes après les autres. Ils sont en confiance, le rythme et l’humeur leur font croire qu’ils sont dans une comédie et puis au détour d’une pièce…..Boum. Ce n’est pas une comédie. Le tragique surgit comme une lame de fond qui remonte à la surface et l’on se rend compte qu’il était là depuis le début, noyé par l’humour. J’aime le sucré-salé.