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Vive Godet et ses potes,
par Jean Contrucci

 

 

Dans «La Femme et l'ours», Philippe Jaenada mène une histoire improbable et cocasse, où l'on croise aussi bien Claude Chabrol que Stu Ungar, un champion de poker.

C'est rare un road-movie à la française. En voici un qui conduit le lecteur partagé entre fou rire et attendrissement depuis les bistrots pittoresques alignés le long du canal Saint-Martin jusque sur un banc public de Monaco, en passant par le bar du Lutetia, les aubes glauques sur les aires de l'autoroute du Soleil et le village de Cadenet (Vaucluse) accroché aux basques défraîchies de Bix Sabaniego, écrivain épisodique et rêveur, parti du nid conjugal après une banale dispute et se laissant porter par les circonstances comme une épave à la dérive.

Consommateur permanent et immodéré de boissons alcoolisées, amateur obsessionnel de brunes à fortes poitrines, Bix, tel un client VIP du groupe Accor, est prêt à tous les excès dès qu'il en convoite une. Cette histoire improbable et cocasse, Philippe Jaenada la mène à son terme avec une verve et une imagination qui ne faiblissent pas. Ca pourrait être morbide, c'est picaresque. En chemin on croisera Jean de l'Ours, Claude Chabrol, Stu Ungar, champion de poker hypocondriaque, un ancien monte-en-l'air surnommé Jésus, qui rate son ultime ascension, plusieurs minijupes incendiaires, un fiancé jaloux et teigneux, pour finir chez un couple échangiste insatiable, avant le retour à la case départ.

Sans oublier l'émouvante et solitaire Mme Muguet, qui attend depuis des années l'arrivée de l'infirmière. Côté picole on se croirait chez Antoine Blondin, côté humour, chez Patrick Cauvin, pour les humanités déjantées, du côté de James Ellroy et, ma foi, il est de plus mauvais compagnons. De temps à autre Jaenada -comme son héros- sort des clous pour raconter n'importe quoi lui passant par la tête, mais il le fait si bien et avec un tel entrain qu'on ne saurait lui en tenir rigueur.

© Jean Contrucci, Le Nouvel Observateur (18/08/2011)