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À + Pollux,
le film selon P. Jaenada

 

 

 

 

Ça me gênait, ce projet de film, ça m’énervait.
D’une part je n’aime pas trop le cinéma (ce qui ne met pas dans de bonnes dispositions question projets de films), d’autre part ça me gênait (m’énervait !) que des gens surgis de nulle part comme des diables viennent mettre leurs pattes dans mon livre, ma vie, mon œuvre. Et j’avais lu la première version du scénario, qui ne me plaisait pas. Arrière ! Mais ça faisait de l’argent, et aussi de la fierté de gamin, à moi Louis de Funès et les canons de Navarone, alors d’accord. Avant ! Aujourd’hui, près de cinq ans plus tard, je reviens de la projection, l’argent est dépensé depuis des lustres (séjour à Venise, beau mariage, courses de chevaux, robes multicolores pour Anne-Catherine), la fierté de gamin est toujours là (c’est tenace), des tas de petits trucs m’ont dérangé (c’est de la vanité d’adulte, c’est pas grave) et ne parlons pas du titre (quelle horreur (ils l’ont fait exprès pour me mettre à l’épreuve, j’en suis sûr)), mais je reviens de la projection et je suis retourné. Luc Pagès (qui me dit « C’est mon histoire maintenant » - et puis quoi encore ?) a fait un travail étonnant sur la matière du livre, et sur l’histoire, oui, bon, d’accord. L’image est belle, Cécile et Gad sont, comment dire, Pollux Lesiak et Halvard Sanz, parfaits, tous les autres rôles sont justes et drôle, la lumière est belle, le rythme, la tension, et quelque chose qui émeut, qui remue. Bien sûr, je suis mal placé pour en parler (dommage !) : je vois Gad et je me reconnais, je vois Cécile et je reconnais cette fille qui n’a jamais existé, ça remue, ça émeut, ça trouble le jugement. Mais voilà, il y a dans le film le cœur du livre, alors évidemment, ça me plaît.

Philippe Jaenada